Recherche doctorale en psychologie clinique

Respirer,
après l'annonce.

Un projet de recherche consacré à l'expérience psychique des personnes atteintes d'un cancer du poumon — et de celles et ceux qui les accompagnent. Comprendre, sans réduire. Écouter, sans presser.

Ce site présente un projet de recherche doctoral. La participation au questionnaire est anonyme, volontaire, et peut être interrompue à tout moment. Voir les informations aux participants.

— 01 / Le projet
Ce que nous cherchons à comprendre

Au-delà des chiffres, une expérience.

Recevoir un diagnostic de cancer du poumon, c'est bien davantage qu'un événement médical. C'est une rupture biographique : quelque chose se déchire dans la continuité d'une vie, et il faut, peu à peu, en retisser le sens.

Ce projet de recherche s'intéresse à ce travail intérieur. À ce que les patients ressentent — la sidération, la colère, le sentiment d'injustice, parfois la honte liée à la stigmatisation. À ce qu'ils mobilisent, aussi, pour faire face : ressources, croyances, liens, paroles.

Nous cherchons à donner forme à cette expérience, pour qu'elle puisse être mieux reconnue dans les espaces de soin.

La maladie ne crée pas seulement une souffrance physique. Elle réveille des blessures plus anciennes, et oblige à se demander qui l'on est, désormais. — Posture du projet
— 02 / Concepts
Les notions au cœur du travail

Quatre fils, pour penser ensemble.

i.

La blessure narcissique

L'annonce ne touche pas seulement le corps. Elle atteint l'image de soi, le sentiment de continuité, la place qu'on occupait dans sa propre vie. Penser cette blessure, c'est reconnaître qu'elle existe avant même d'apparaître.

ii.

Le sentiment d'injustice

« Pourquoi moi ? » n'est pas une question rhétorique. C'est un travail psychique : celui de chercher du sens dans ce qui semble n'en avoir aucun. Nous étudions comment ce sentiment s'installe, et parfois se transforme.

iii.

Les stratégies d'adaptation

Chacun fait face à sa façon : combat, retrait, espoir, fatalisme, déni. Aucune n'est meilleure qu'une autre dans l'absolu. Comprendre la diversité de ces postures, c'est respecter celle des personnes.

iv.

La stigmatisation

Le cancer du poumon porte un poids social particulier : on s'y voit souvent renvoyé à sa responsabilité, à son histoire de tabac, à ce qu'on aurait dû faire. Ce regard pèse, et fait partie de l'expérience à comprendre.

— 03 / Le souffle
Une dimension symbolique

Le souffle n'est pas seulement un organe.

Avant d'être un volume d'air, le souffle a longtemps été pensé comme ce qui anime, ce qui lie le corps au monde, ce qui inscrit la personne dans le vivant. Toutes les langues anciennes en gardent la trace : le souffle a partie liée avec l'âme, avec la voix, avec ce qui en nous excède la matière.

Quand le cancer touche le poumon, c'est cette épaisseur symbolique qui se trouve, elle aussi, blessée. Le projet propose un concept — celui de Moi-souffle — pour rendre compte de ce que vivent les personnes lorsqu'une part d'elles-mêmes, longtemps invisible, devient soudain le centre du regard médical.

Ce qui circule librement, on l'oublie. Quand le souffle se rappelle à nous, c'est qu'il s'est fait obstacle. — Note de recherche
  • PneumaSouffle vital, en grec ancien. Désigne aussi bien l'air respiré que l'esprit qui anime le corps.
  • PsychéD'abord « souffle de l'âme », avant de désigner ce que nous appelons aujourd'hui la vie psychique.
  • ThymosSouffle de la passion et du sentiment vital, distinct du souffle qui anime — ardeur intérieure.
  • RuahEn hébreu, souffle, vent et esprit à la fois. Le mouvement de ce qui passe à travers.
Pneuma·Psyché·Thymos·Ruah·Spiritus·Anima
Contribuer à la recherche

Votre voix compte.

Si vous êtes concerné·e par le cancer du poumon, en tant que patient·e ou proche, votre témoignage peut enrichir ce travail. Le questionnaire est anonyme et nécessite entre 40 et 50 minutes.

Participer à l'étude
— 04 / Informations aux participants
Éthique, confidentialité, contact

Ce que vous devez savoir avant de participer.

Cette recherche respecte les principes d'éthique de la recherche en psychologie clinique. Quelques points essentiels avant toute participation.

Confidentialité

Données entièrement anonymes

Aucune donnée permettant de vous identifier n'est collectée. Vos réponses sont anonymisées dès la saisie et traitées uniquement à des fins de recherche.

Consentement

Participation libre et volontaire

Vous pouvez interrompre le questionnaire à tout moment, sans avoir à vous justifier et sans conséquence. Aucune obligation, à aucun moment.

Questions

Une interrogation sur l'étude ?

Pour toute question sur la recherche, sa méthodologie ou vos droits en tant que participant, écrivez-moi directement.

contact@psyrlc.com
— 05 / Le chercheur
Une posture

Depuis la radiologie, lieu du diagnostic.

Nom
Gregory Rouleaud
Formation
Doctorat en psychologie clinique
Laboratoire
UTRPP — USPN, Paris
Co-direction
Pr. Malika Mansouri
Pr. Lony Schiltz
Expérience
Près de trente ans en radiologie

Ce projet est porté par un chercheur qui n'est pas seulement chercheur. Trente années passées en radiologie — là où le diagnostic se révèle pour la première fois, par l'image, avant même que les mots ne le nomment — précèdent et accompagnent ce travail doctoral.

Cette double appartenance — la pratique en imagerie et l'élaboration théorique en psychologie clinique — constitue ce que j'appelle une posture bifocale. La radiologie n'est pas un lieu neutre : c'est la scène où la maladie devient visible, où le corps prend pour le patient un nouveau visage.

Cette expérience-là n'est pas un confort : c'est une exigence. Ne jamais réduire l'expérience vivante des personnes à un concept, et ne jamais penser sans laisser la pensée se déplacer par ce qui se dit, parfois en silence, dans les couloirs d'imagerie.