Un projet de recherche consacré à l'expérience psychique des personnes atteintes d'un cancer du poumon — et de celles et ceux qui les accompagnent. Comprendre, sans réduire. Écouter, sans presser.
Ce site présente un projet de recherche doctoral. La participation au questionnaire est anonyme, volontaire, et peut être interrompue à tout moment. Voir les informations aux participants.
Recevoir un diagnostic de cancer du poumon, c'est bien davantage qu'un événement médical. C'est une rupture biographique : quelque chose se déchire dans la continuité d'une vie, et il faut, peu à peu, en retisser le sens.
Ce projet de recherche s'intéresse à ce travail intérieur. À ce que les patients ressentent — la sidération, la colère, le sentiment d'injustice, parfois la honte liée à la stigmatisation. À ce qu'ils mobilisent, aussi, pour faire face : ressources, croyances, liens, paroles.
Nous cherchons à donner forme à cette expérience, pour qu'elle puisse être mieux reconnue dans les espaces de soin.
La maladie ne crée pas seulement une souffrance physique. Elle réveille des blessures plus anciennes, et oblige à se demander qui l'on est, désormais. — Posture du projet
L'annonce ne touche pas seulement le corps. Elle atteint l'image de soi, le sentiment de continuité, la place qu'on occupait dans sa propre vie. Penser cette blessure, c'est reconnaître qu'elle existe avant même d'apparaître.
« Pourquoi moi ? » n'est pas une question rhétorique. C'est un travail psychique : celui de chercher du sens dans ce qui semble n'en avoir aucun. Nous étudions comment ce sentiment s'installe, et parfois se transforme.
Chacun fait face à sa façon : combat, retrait, espoir, fatalisme, déni. Aucune n'est meilleure qu'une autre dans l'absolu. Comprendre la diversité de ces postures, c'est respecter celle des personnes.
Le cancer du poumon porte un poids social particulier : on s'y voit souvent renvoyé à sa responsabilité, à son histoire de tabac, à ce qu'on aurait dû faire. Ce regard pèse, et fait partie de l'expérience à comprendre.
Avant d'être un volume d'air, le souffle a longtemps été pensé comme ce qui anime, ce qui lie le corps au monde, ce qui inscrit la personne dans le vivant. Toutes les langues anciennes en gardent la trace : le souffle a partie liée avec l'âme, avec la voix, avec ce qui en nous excède la matière.
Quand le cancer touche le poumon, c'est cette épaisseur symbolique qui se trouve, elle aussi, blessée. Le projet propose un concept — celui de Moi-souffle — pour rendre compte de ce que vivent les personnes lorsqu'une part d'elles-mêmes, longtemps invisible, devient soudain le centre du regard médical.
Ce qui circule librement, on l'oublie. Quand le souffle se rappelle à nous, c'est qu'il s'est fait obstacle. — Note de recherche
Si vous êtes concerné·e par le cancer du poumon, en tant que patient·e ou proche, votre témoignage peut enrichir ce travail. Le questionnaire est anonyme et nécessite entre 40 et 50 minutes.
Participer à l'étudeCette recherche respecte les principes d'éthique de la recherche en psychologie clinique. Quelques points essentiels avant toute participation.
Aucune donnée permettant de vous identifier n'est collectée. Vos réponses sont anonymisées dès la saisie et traitées uniquement à des fins de recherche.
Vous pouvez interrompre le questionnaire à tout moment, sans avoir à vous justifier et sans conséquence. Aucune obligation, à aucun moment.
Pour toute question sur la recherche, sa méthodologie ou vos droits en tant que participant, écrivez-moi directement.
contact@psyrlc.comCe projet est porté par un chercheur qui n'est pas seulement chercheur. Trente années passées en radiologie — là où le diagnostic se révèle pour la première fois, par l'image, avant même que les mots ne le nomment — précèdent et accompagnent ce travail doctoral.
Cette double appartenance — la pratique en imagerie et l'élaboration théorique en psychologie clinique — constitue ce que j'appelle une posture bifocale. La radiologie n'est pas un lieu neutre : c'est la scène où la maladie devient visible, où le corps prend pour le patient un nouveau visage.
Cette expérience-là n'est pas un confort : c'est une exigence. Ne jamais réduire l'expérience vivante des personnes à un concept, et ne jamais penser sans laisser la pensée se déplacer par ce qui se dit, parfois en silence, dans les couloirs d'imagerie.